[Avis] Divergent, Veronica Roth

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Titre : Divergent
Auteur : Veronica Roth
Date de parution : 2011
Katherine Tegen Books, 488 pages.

Résumé : Dans un monde où la société est divisée en cinq factions déterminées par un trait de caractère unique, Béatrice, ou Tris, va faire le choix drastique de quitter sa faction, Abnégation, pour rejoindre les Audacieux dont les valeurs sont à l’opposé de tout ce qu’elle a toujours connu. Tris va alors découvrir un nouveau monde, et s’adapter aux rivalités et aux amitiés qui sont toutes nouvelles dans sa vie.

J’ai attendu quelques jours pour rédiger mes impressions, parce que j’ai du mal à m’exprimer sur ce roman. Ce n’est pas que j’ai détesté, ni que j’ai absolument adoré, mais j’ai apprécié cette lecture, je l’ai trouvé distrayante et prenante (je l’ai quand même lu en seulement deux jours) bien que certaines choses m’aient trop dérangé pour que ce soit un vrai coup de cœur.

Tout d’abord je trouve dommage que l’initiation prenne autant de place dans le livre. C’est très intéressant et j’ai aimé les différents tests et exercices qui sont vraiment imaginatifs et révélateurs, mais étant donné que l’intrigue à l’échelle des factions se déroule sur seulement une cinquantaine de pages à la fin, je pense qu’on aurait gagné à voir moins des “Initiates”.

Ce tome est riche en action, chaque chapitre apportant son lot de sensations fortes à Tris. Le rythme est soutenu et il n’y a pas le temps de s’ennuyer, je n’ai pas pu poser le livre avant de l’avoir fini.

Les personnages sont divers et donnent plutôt envie de les suivre, mais je les ai néanmoins trouvé un peu cliché (Four…) ou pas suffisamment touchants et présents pour me tirer une véritable émotion. Aucun décès ne m’a bouleversé ou tiré des larmes comme d’autres romans peuvent le faire. Tris est bien évidemment une exception, le roman s’appelle “Divergente”, après tout. Je m’attendais à une héroïne plutôt clichée et peu originale mais j’ai vraiment apprécié son caractère, bien que certaines pulsions de violence m’ont dérangé et que je ne partage pas ses valeurs.

La romance, de même, m’a laissé de marbre. Tris m’a plutôt exaspéré à être au bord de l’évanouissement au moins contact de Four (et ce dès les premiers jours de l’initiation). Celui-ci est d’ailleurs bien trop “mystérieux, dangereux mais gentil” pour me toucher. On présente leur histoire d’amour comme presque évidente, elle m’a paru un peu “trop facile” et plate pour captiver.

En conclusion, je lirai probablement la suite un jour car j’ai passé un très bon moment avec les Audacieux (Dauntless sonne mieux, quand même) malgré quelques déceptions.

3 pts

[Avis] Fangirl, Rainbow Rowell

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Titre : Fangirl
Auteur : Rainbow Rowell
Date de parution : 2012
MacMillan Children’s Book, 480 pages.
Rainbow Rowell est également l’auteure d’Eleanor & Park et de Attachment, deux autres romans Young/New Adult à succès.

Résumé : Cath a 18 ans, elle rentre à l’université, elle est fan de la série de romans fantasy Simon Snow et également auteure de la fanfiction la plus populaire du net basée sur l’univers de Simon : Carry On, Simon. Lorsque sa soeur jumelle, Wren, décide qu’elle veut profiter de la vie estudiantine et prendre une autre colocataire que Cath, celle-ci se retrouve soudain très seule au milieu d’étrangers qu’elle n’a même pas envie de connaître.

Ce roman m’obligerait presque à parler de moi. Timide, réservée, maladroite ? Lectrice de fanfiction (passe-temps qu’on garde pour soi comme un secret) ? Cath me ressemble tellement (et c’est voulu par l’auteure), que je n’ai pas pu m’empêcher de me reconnaître à chaque page. Tout est tellement vrai et authentique dans la vie de Cath.

Je ne dirai pas que cette lecture a été un coup de cœur, une révélation ou quoi que ce soit, mais elle a été en tout cas très plaisante, touchante, et je n’ai pas pu poser le livre avant de l’avoir terminé. J’ai aimé que l’histoire ne tourne pas complètement autour de la romance, une jolie histoire d’amour qui se fait attendre dès les premiers chapitres. Les difficultés que rencontre Cath, aussi bien familiales que scolaires ou relationnelles, sonnent juste et ne permettent pas de s’ennuyer, si ce n’est à un ou deux passages que l’on peut trouver un peu long.

Je pense que l’auteure se souvient très bien de ce qu’est le “passage à l’âge adulte”, et qu’elle le décrit au mieux. L’univers de la fanfiction est bien présent, même s’il aurait pu être encore plus approfondi et prendre une place plus importante dans le quotidien de Cath. Entre chaque chapitre est glissé un extrait, soit de la série originale Simon Snow, soit d’une fanfiction de Cath. L’héroïne nous fait également la lecture d’un de ses “one-shot”, j’ai aimé cet univers clairement assimilé à Harry Potter (dommage que Levi mentionne l’œuvre de Rowling, ça casse un peu la métaphore), il est crédible et assez original bien que clairement inspiré de “notre” saga populaire. J’ai aimé que Cath défende le fandom en présentant non pas comme un simple échappatoire mais comme une véritable communauté.

La fin est un peu abrupte mais si on y réfléchit, on arrive quand même a une conclusion satisfaisante bien que rapide. J’avoue avoir quand même avoir été surprise d’arriver comme ça à la dernière page.

Je ne vais pas m’attarder sur les personnages et l’action, afin que vous ayez toute la surprise lorsque vous lirez le roman, mais je l’ai en tout cas trouvé vrai sur tous les plans, de la fanfiction à l’anxiété sociale dont souffre Cath au milieu de tous les fêtards de sa fac. Son histoire familiale et ses difficultés en cours sont également prenantes, tout cela formant un tout qui montre bien les difficultés auxquelles sont exposés tous les enfants quittant la maison familiale un jour ou l’autre.

4 pts

[Avis] Premier de cordée, de Roger-Frison Roche

120bc52ee49b40bcb4d13c55ef9c4a0940d-d5b0lmmTitre : Premier de cordée
Auteur : Roger Frison-Roche
Date de parution : 1942
Éditions Le Livre de Poche, 315 pages.

Premier roman de Frison-Roche, celui-ci l’écrit en 1938 à Alger alors qu’il y exerce le métier de journaliste. Il connait un succès immédiat. Ce roman est suivi de deux autres oeuvres prenant place au sein de la Compagnie des guides de Chamonix (La Grande crevasse et Retour  à la montagne). Plus tard, Roger-Frison Roche signe trois romans dont l’action se situe dans le Sahara, puis d’autres livres sur ses expéditions en Laponie et dans le Grand Nord Canadien. Il a été le premier non-chamoniard à entrer à la Compagnie des guides.
Le personnage de Joseph Ravanat “le Rouge” fait référence à Joseph Ravanel, guide qui a choisi Frison-Roche comme porteur pour l’ascension du Mont-Blanc en 1925.

Résumé : Pierre Servettaz est fils de guide, excellent grimpeur, prédestiné à suivre les traces de son père. Pourtant, celui-ci refuse que son fils prenne tant de risque et l’oriente vers un métier d’hôtelier. Mais Pierre est passionné, et les épreuves qu’il traverse l’entraînent inévitablement vers la montagne.

La montagne, ça vous gagne

Je suis attirée par la montagne depuis toujours. Peut-être que mes origines savoyardes bouillonnent mais je regrette énormément, après avoir lu ce roman, de ne pas avoir vécu dans la vallée de Chamonix, entourée par un environnement de rêve. Je sais aussi que c’est une vie dure et que la montagne pardonne rarement, ce roman est plein d’exemples. L’ambiance montagnarde est retranscrite parfaitement, la mentalité des gens également (rien qu’à la description de la fondue j’en avais l’eau à la bouche) J’ai retrouvé avec plaisir plein de petits détails de la vie qui me manquent, qui me donnent envie d’aller grimper, de partir en randonnée… même si je suis trop peureuse pour m’attaquer à l’alpinisme et à l’Aiguille Verte par la face nord ! Le roman se lit vite, il est prenant, on a toujours envie d’aller plus loin, de suivre cette petite équipe dans d’autres courses. Pierre, Boule, Paul, Fernand, Georges à la Clarisse, leur solidarité et leur force ne peut que susciter l’admiration, sans oublier les époustouflantes descriptions. La descente des Drus en plein orage est un passage palpitant, je me suis prise à avoir le vertige lors de l’ascension de l’Aiguille Verte… Il n’y a aucune difficulté à s’imaginer le paysage gigantesque qui s’offre aux alpinistes au sommet.

La force de la volonté

Le roman s’achève sur un beau message d’espoir. Rien n’est impossible lorsqu’on a la volonté d’accomplir son but, Pierre nous le prouve au fil des pages. On s’attend à la fin mais ce n’est pas pour le dénouement que l’on va au bout, c’est pour cette ambiance spéciale, pour ses courses vertigineuses que j’ai déjà décrit au paragraphe précédent. J’ai beaucoup d’admiration pour les montagnards, les guides de haute-montagne donnent véritablement leur vie pour les clients qu’ils ont juré de ramener sains et saufs, sans oublier les familles qui attendent longuement leurs proches aux prises avec une force qui les dépasse infiniment mais qui les passionne tout autant.

Besoin de motivation pour passer le cap et appeler un guide qui vous amènera au sommet du Mont-Blanc ? Lisez Premier de cordée, vous ferez votre sac dès la dernière page tournée !

5pts

[Avis] Apprendre à vivre de Luc Ferry

27-apprendre_a_vivre3 Titre : Apprendre à vivre, Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations
Auteur : Luc Ferry
Date de parution : 2006

Luc Ferry, ancien ministre de la l’Éducation, tente ici une vulgarisation de l’histoire de la philosophie afin de la rendre accessible et claire aux jeunes (et moins jeunes) qui n’auraient aucunes notions préalables.

Forme, construction

L’essai se divise en six grandes parties : Qu’est-ce que la philosophie ?, Un exemple de philosophie antique, La victoire du christianisme, L’humanisme, La postmodernité, et Après la déconstruction. On assiste donc à l’évolution des idées, des conceptions du monde, de l’antiquité à nos jours avec dans la dernière partie, l’avis de l’auteur sur le chemin à prendre au XXIème siècle.
L’ensemble est clair, se lit rapidement et il y a peu de passages compliqués ou obscurs. Luc Ferry tutoie son lecteur et s’adresse à lui comme s’il s’agissait d’un petit cours improvisé (pour faire référence à l’avant-propos).
J’ai trouvé que l’auteur se répétait énormément tout au long du livre mais il faut avouer que ça a le mérite de faire rentrer les différentes idées, en plus de les mettre en relation efficacement. “La pédagogie est l’art de la répétition“, dit-on, et ça n’est pas faux !

Fond, l’initiation à la philosophie

Luc Ferry fait partie des philosophes actuels qui n’ont pas beaucoup de crédits et qui sont régulièrement critiqués pour leurs apparitions dans les médias. Je ne saurais pas vraiment dire si c’est fondé (j’imagine que ça l’est), mais il n’empêche que j’ai trouvé son livre intéressant pour quelqu’un qui comme moi ne connait rien au monde de la philosophie. Il présente cinq grandes pensées tout en montrant le processus qui amène à une nouvelle vision du monde, à la fin, j’ai une idée globale de l’histoire de la philosophie, je n’en demandais pas vraiment plus d’autant que ça m’a vraiment donné envie de me procurer quelques écrits de grands philosophe. En effet, l’auteur cite régulièrement les auteurs auxquels il fait allusion ce qui est un bon point à mon avis : on a vraiment l’occasion de lire le texte original et de se faire une idée des œuvres qui sont abordées.
J’ai particulièrement aimé le passage sur l’humanisme, qui m’a permit de découvrir un aspect de ce mouvement que je n’avais pas étudié l’année dernière, et celui sur la postmodernité avec Nietzsche : je connaissais l’homme de nom mais je ne connaissais pas son point de vue philosophique, en dehors de son aversion pour la religion.

Pour finir, je recommande ce cours essai pour se donner une première idée de ce qu’est la philosophie. Ensuite, il est certain qu’il faut avoir la curiosité d’aller lire les œuvres originales dont il est question dans le livre pour approfondir et se faire sa propre opinion.

4 pts

[Avis] Saga A Song of Ice and Fire de George R.R. Martin

DSC01751  Titre original : A Song of Ice and Fire (A Game of Thrones, A Clash of Kings, A Storm of Swords, A Dance with Dragons).
Auteur : George R.R. Martin
Date de parution : 1996 pour le premier tome.
Éditions HarperVoyager.

J’ai décidé de faire une chronique groupée pour toute la série ASOIAF étant donné que j’ai terminé le dernier tome paru pas plus tard qu’aujourd’hui ! Après huit heures de lecture non-stop, j’ai enfin rattrapé la parution et il ne me reste plus qu’à attendre (longtemps semblerait-il) la suite.
On ne présente plus la saga du Trône de Fer, adaptée depuis 2011 en série TV par la chaîne HBO. En France, quatre intégrales sont sorties, mais le cinquième tome reste divisé en trois livres chez Pygmalion (Le Bûcher d’un Roi, Les Dragons de Meereen et Une Danse avec les Dragons). En ce qui concerne la série, la saison 3 s’est achevé début juin, et il faut attendre avril prochain pour la suite.

Article sans spoilers après le 1er tome, A Game of Thrones.

Résumé : Difficile de proposer un résumé de l’œuvre de Martin. L’histoire se situe sur les deux continents connus de l’univers : Westeros et Essos. Sur Westeros, c’est la mort subite de la Main du Roi, Jon Arryn, qui déclenche une succession d’évènement faisant tomber le royaume dans le chaos, sans oublier qu’au Nord, une menace oubliée depuis des siècles semblent se réveiller. A l’autre bout du monde, Daenerys Targaryen elle aussi a des raisons de prétendre au Trône de Fer.

Autour de ma lecture

J’ai découvert le Trône de Fer avec la série, comme beaucoup, à Noël dernier. C’est la présence de Sean Bean qui m’a convaincu d’y jeter un œil, étant donné qu’il était déjà Boromir dans Le Seigneur des Anneaux. Autant dire que je n’ai pas mis longtemps à devenir accro et à embarquer toute ma famille et mes amis dans cette folle aventure ! Peu après avoir fini la saison 1, j’ai commandé tous les tomes parus avec le but de les lire avant de commencer la saison 2, puis la troisième qui devait sortir quelques mois plus tard.
Voilà comment, pendant près de 6 mois, j’ai globalement toujours eu un tome de la saga en cours. Je dois avouer que juste maintenant, je suis contente d’y être arrivée, je commençais à faire une overdose d’intrigues politiques compliquées !

Ambiance, contexte, intrigue

Le style de George Martin est relativement simple (ce n’est pas le cas de la traduction) et concis. L’originalité réside dans le mode de narration choisi : chaque chapitre est au point de vue d’un personnage, ce qui permet de développer un grand nombre de personnages en même temps et en profondeur, et donc d’éviter d’éviter un certain manichéisme (si on déteste les Lannister au début, on change d’avis avec l’arrivée du point de vue de Jaime par exemple). Il y a aussi l’avantage de pouvoir être partout en même temps afin de suivre les évènements au Nord, à King’s Landing et du côté de Daenerys avec facilité. Si je devais émettre une petite critique au niveau des chapitres, c’est leur construction qui est globalement toujours la même. On remarque vite que la première partie du chapitre est chiante/n’apporte rien, et que c’est la fin qui bouge et termine sur un cliffhanger qui donne envie d’aller au prochain épisode du personnages. Ceci dit ce n’est pas vrai pour tous les chapitres heureusement.
Si dans le premier tome, tout est à peu près simple, arrivé au dernier, il y a bien une dizaine d’intrigues différentes qui parfois se croisent, qui s’influencent les unes entre les autres… On se rend vite compte que tout est lié, qu’il y a des personnages qui ne payaient pas de mine qui pourtant tirent les ficelles et contrôlent toute la politique du royaume. Les révélations qui parsèment les romans sont vraiment étonnantes, certaines m’ont fait lever de ma chaise !
Le monde imaginé n’est pas loin du Moyen-Âge européen, la magie et le surnaturel font partie des contes et des légendes au coin du feu, ce que j’ai vraiment apprécié, n’étant pas très attirée par tout ce qui est magiciens, licornes, fées etc… Petit à petit, l’irréel se mêle à la vie des habitants de Westeros et d’Essos, de par les dragons de Daenerys et les Marcheurs Blancs au Nord principalement.
Les différents peuples décrit ont tous leurs coutumes, leur religion, leurs traditions… La religion prend une très grande place dans la vie sociale et politique. Que ce soient les Sept, R’hllor, le Dieu Noyé ou les Anciens Dieux du Nord, ils ont un rôle à jouer. Les prophéties sont également très présentes et relues plus tard dans la saga, elles prennent tout leur sens.
J’ai tout de même parfois l’impression que les choses n’avancent pas assez vite. Sachant que les deux derniers tomes parus (A Feast for Crows et A Dance with Dragons), qui représentent quand même presque 2000 pages, peuvent être considérés comme des tomes de transition, je me demande si l’auteur n’aurait pas mieux fait de réduire les intrigues qui deviennent vraiment nombreuses.

Les personnages

C’est un des énormes points forts de cette saga. Les personnages sont nombreux, tout le monde y trouve son compte, il y a celui auquel on s’identifie, celui qu’on aimerait être, celui qu’on admire, celui qu’on déteste… Les points de vue permettent de comprendre les principaux acteurs du jeu des trônes, on fini même pas s’attacher à ceux que l’on détestait au début. Il y a toujours des chapitres/des points de vue ennuyants mais ça passe quand même.
George Martin est maintenant connu pour l’hécatombe de personnages quand on fait l’addition des morts à la fin de chaque tome, mais ça rajoute un certain réalisme et puis au moins, personne n’est à l’abri de rien. L’absence de véritable héros tout puissant est un plus, il y a même de vrais ratés qui malgré leur ambitions n’arriveront jamais au but qu’ils s’étaient fixés.

En conclusion, il n’y a plus besoin de recommander cette saga, il ne vous reste plus qu’à vous y mettre parce que c’est un régal, ça se lit vite, bien et il y a de quoi se creuser les méninges sur les intrigues politiques, les prophéties, les théories… Bonne lecture !

5pts

[Avis] Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

oiseau-moqueur Titre original : To Kill a Mockingbird
Auteure : Harper Lee
Date de parution : 1960
Édition Le Livre de Poche, 434 pages

Le premier et dernier roman de Harper Lee, qui a obtenu le prix Pulizter en 1961 et a rencontré un franc succès dès sa parution. On peut noter qu’il existe certaines similitudes entre le récit de Scout et l’enfance de la romancière, bien que le livre soit loin d’être une autobiographie. Harper Lee n’a plus publié depuis Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, et reste une personnalité très mystérieuse.
Le roman a été adapté au cinéma en 1962 par Robert Mulligan. En français, le film est intitulé Du Silence et des ombres.

 “Le courage, c’est savoir que tu pars battu mais agir quand même sans s’arrêter.” 

– Atticus Finch

Résumé : Scout est une fille de six ans, avec des préoccupations de fillette de son âge, et qui passe son temps à jouer avec son frère Jem et son ami Dill, mais aussi à se poser de grandes questions sur le monde qui l’entoure. Le métier d’avocat de son père Atticus ne tarde pas à mettre la famille dans des situations pas toujours simples, et Scout nous partage sa vision d’enfant sur le racisme, la misère, la ségrégation…
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C’est un livre dont j’avais entendu parler, je savais que c’était un classique américains, mais je n’avais aucune idée de l’intrigue, des personnages… Lorsque je suis tombée dessus au CDI de mon lycée à la veille des vacances, j’ai décidé de l’emprunter, et c’est un peu ce roman qui m’a donné envie de me remettre à la lecture après quelques années de désintérêt pour les livres.
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Un roman qui traite de l’enfance, de la ségrégation, de la justice, du courage, de la famille… Harper Lee nous parle réellement à travers Scout, une fillette de six ans. Scout et sa bande doivent affronter bien des injustices et des obstacles, durant les trois ans qui nous sont contés au fil des pages. Le racisme ambiant choque parfois, mais la leçon est bien là, dans le personnage d’Atticus et sa relation à ses enfants.
Fondamentalement il ne se passe pas grand chose dans cette petite ville de l’Alabama. Et pourtant, j’ai été transportée. A travers le récit de Scout, j’ai eu l’impression de rencontrer ma famille, les moments drôles et légers font chaud au cœur, on mange des Lane cake, on frissonne devant l’effrayante maison des Radley, puis on s’étonne, on pleure devant l’injustice, devant la pauvreté… et enfin on se dit que pour un roman qui décrit des évènements des années 30, il est bien actuel.
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Le récit est fait du point de vue de Scout, petite fille débrouillarde, garçon manqué, intrépide et innocente, accompagnée de son frère Jem, de son “fiancé” Dill, de sa voisine Miss Maudie et par dessus tout, de son père Atticus. Je crois que c’est ce point de vue innocent qui m’a vraiment touché. Je me suis reconnue dans les personnages présentés, Harper Lee dresse vraiment un authentique tableau de l’enfance. J’ai trouvé les petits très forts et matures, ils ont une vision des choses émouvante, il faut imaginer qu’ils assistent à des évènements difficiles.
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Enfin, la figure du père Atticus, cet avocat qui n’hésite pas à défendre les causes qui lui sont chères envers et contre tout, frappe par son sens de la justice et par son entièreté . Jamais il n’abandonnera ses idées et il ne cherche pas à cacher la vérité à ses enfants.
Tous les personnages sont attachants, je regrette vraiment d’avoir dû m’en aller en refermant le livre. Même Mme Dubose, cette vieille femme aigrie, a réussi à m’émouvoir.
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En conclusion, il me semble que Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman qui vaut le coup, qui est rapide et plaisant à lire mais donc le message est profond et important à partager ces temps ci !
5pts

[Avis] Le Cimetière du diable, Anonyme

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Anonyme ; 2010 ; Le Livre de Poche, 499 pages.

Ce roman s’inscrit dans la saga du Bourbon Kid, dont le premier volet s’intitule Le Livre sans nom. Contrairement aux autres romans de la saga L’Oeil de la lune et Le Livre de la mort, Le Cimetière du diable est en fait un flashback. On y retrouve les personnages des autres romans quelques années avant les évènements du Livre sans nom.
Résumé : Tous les ans à Halloween, se tient un concours de chant intitulé “Back From the Dead” à l’Hôtel Pasadena, un établissement perdu au milieu désert. C’est là que, ayant gagné son week-end à l’hôtel grâce à un concours, Sanchez va faire la connaissance de la Dame Mystique, son ami Elvis, Judy Garland, un Blues Brothers improvisé, Kurt Cobain, mais aussi le Bourbon Kid. Une atmosphère étrange plane sur le concours de chant, et il semble bien porter son nom…
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Il y a plusieurs raisons qui m’ont poussé à acheter ce roman. Déjà, un jour, en me baladant dans le rayon livre d’un supermarché, je suis tombée sur Le Livre de la mort. La couverture de ce bouquin m’a fait flipper. En plus, l’auteur est anonyme. Il en faut peu pour m’effrayer mais j’ai reposé le livre maudit vite fait bien fait ! Mine de rien, il avait piqué ma curiosité, alors je suis allé me renseigner sur internet, surprise de découvrir des tas de critiques élogieuses. J’ai donc sauté sur l’occasion dès que je suis retournée au magasin. Malheureusement, le premier tome de la série n’était pas disponible, et je me suis rabattu sur Le Cimetière du diable, qui semblait être un peu à part.
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Dans toutes les critiques que l’on peut trouver la saga d’Anonyme, on peut lire presque systématiquement une allusion à Quentin Tarantino. Alors déjà, inculte que je suis, je n’ai jamais vu un seul de ses films… J’espère y remédier bientôt, mais pour l’instant je ne peux donc pas comparer. J’ai été terriblement déçue de ce roman… Tout est vraiment trop abusé, dès le premier chapitre, une telle dose d’exagération m’a fait sourire. Au début, c’est sympa. Et puis au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire… je ne trouvais plus ça sympa du tout !
Aucun personnage (à part peut-être la jolie Judy Garland/Emily et quelques autres) ne peut dire une phrase sans prononcer le délicieux mot “putain”. Ce n’est pas que ça me choque, mais c’est lourd au bout de quelques dizaines de pages. J’ai un bel exemple de phrase qui m’a laissé dubitative : “Le canon froid se logea à la perfection entre ses deux fesses humides de transpiration. […] L’arme sortit bien plus facilement […] parce qu’elle était à présent lubrifiée par la sueur de son cul“. Charmant !
Sans parler de l’abrupte basculement dans le fantastique avec un combat entre Dieu et les créatures du mal (vampires, zombies…) qui sort d’on-ne-sait-où… Je n’ai presque pas ressenti de suspense, alors que c’est quand même un thriller.
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A part Sanchez qui est le boulet de service complètement stupide, les autres personnages masculins (Elvis, Angus, Gabriel, le Kid…) sont vraiment trop clichés pour moi. Ils se ressemblent tous, le Bourbon Kid est le stéréotype du type sans pitié (ou presque) qui a vécu un traumatisme dans sa jeunesse, etc, etc. A vrai dire, je m’attendais un personnage beaucoup plus mystérieux, à un vrai méchant qui prend plaisir à tuer (bon, dit comme ça…), à une intrigue angoissante… Ici, les dialogues sont toujours pareils, je ne me suis attachée à aucun personnage, bref, je n’ai pas vraiment eu envie d’aller au bout.
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Malgré tout, ce genre doit plaire à certains puisque je ne vois pas beaucoup d’avis négatifs sur cette saga… Ça reste lisible, on arrive vite à la fin, et ça peut sûrement faire passer un  bon moment si on ne réfléchit pas trop, mais cette lecture m’a vraiment déçue !
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