[Avis] Eleanor & Park, Rainbow Rowell

eleanor parkTitre : Eleanor & Park
Auteur : Rainbow Rowell
Date de parution : 2012
Éditions Orion, 336 pages.

Les droits sur Eleanor & Park ont été achetés par les studios DreamWorks qui prévoient une adaptation pour 2015.

Résumé : Eleanor est nouvelle, rousse, grosse, et s’habille avec ce qu’elle trouve. Park est l’asiat’ du coin, qui échappe tout juste aux moqueries parce qu’il existe des gens comme Eleanor. Lorsqu’ils se retrouvent voisins dans le bus scolaire, les deux adolescents se lient petit à petit autour de leur amour des comics et de la musique New Wave.

J’ai oublié de préciser que l’histoire se déroule en 1986. Ma maman avait l’âge d’Eleanor en 1986. Autant dire que l’époque à laquelle Rainbow Rowell a décidé de s’intéresser donne beaucoup de charme au roman (comme s’il avait besoin de plus de charme !). Les cassettes, les walkmans, personnellement je n’ai que très peu connu, on était déjà passé aux CDs quand j’ai eu l’âge de m’y intéresser. J’ai adoré voir à quoi ressemblait la vie des ados il y a vingt ans, et surtout me rendre compte qu’ils n’avait que le téléphone fixe ou les lettres pour communiquer ! C’est stupide mais aujourd’hui, on ne réalise plus du tout qu’il y a peu, personne n’avait de téléphone portable ou internet.

Bref, partant de ce contexte qui m’a déjà beaucoup plu, on rencontre donc Park, garçon d’origine coréenne, et Eleanor, la nouvelle au lycée dont la vie familiale est extrêmement bouleversée. Le roman m’a arraché des larmes dès le début. Vraiment, c’est assez bizarre parce que je n’avais pas encore eu le temps de m’attacher tant que ça aux personnages mais je crois que tout lycéen d’aujourd’hui pourra témoigner : les dynamiques qui se mettent en place entre les jeunes dans ce livre sont les mêmes qu’aujourd’hui. Les ados étaient les mêmes en 1986 dans le Nebraska qu’en 2014 en France. Je comprend tout à fait la situation de Park et Eleanor, et tout comme avec Fangirl de la même auteur, je ne peux pas m’empêcher de me sentir à la place des protagonistes (d’où toutes les émotions).

Face aux autres qu’ils ne comprennent pas, les deux héros vont développer des liens surprenants de sincérité, qui ne peuvent laisser personne indifférent. J’ai adoré les voir amorcer leur relation en silence jusqu’à ce qu’ils réalisent, toujours sans le dire explicitement, qu’ils sont tombés amoureux. Rainbow Rowell ne fait pas l’erreur de rendre leur histoire trop évidente et simple. Au contraire, les deux personnages ont leurs propres insécurités et agissent parfois pour les mauvaises raisons, ils sont maladroits, peu sûrs d’eux, et doivent de plus faire face à des problèmes extérieurs.

Eleanor est d’autant plus touchante qu’elle a une vie très difficile, aussi bien à la maison qu’en cours. Sa famille, pauvre et déchirée, ne lui permet même pas de se sentir en sécurité chez elle, ce qui explique ses réticences par rapport à Park. Lui ne peut de son côté pas comprendre les hésitations de la jeune fille puisque son image de l’amour est celle de ses parents, amoureux comme au premier jour et formant une famille stable et heureuse.

La fin du roman m’a un peu frustrée, ce sera mon petit point négatif, mais on peut en faire ce que l’on veut et personnellement, je sais comment je veux que tout se termine. J’ai l’impression que j’aurais pu disserter sur Eleanor & Park, mais je vais m’arrêter là avec un bonus trouvé sur le site de Rainbow Rowell :

Les musiques qui parsèment le roman sont presque toutes compilées sur son compte Spotify. Le site est gratuit depuis quelques mois donc n’hésitez pas à vous inscrire. Elle a composé plusieurs playlists, dont celle-ci : Eleanor & Park, the Sountrack, avec de super morceaux New Wave qui auraient  de quoi rappeler sa jeunesse à mon papa !

Rainbow Rowell semble avoir un don pour écrire des histoires saisissantes de justesse et celle-ci a été un coup de cœur, que j’ai même préféré à Fangirl. Eleanor et Park resteront sûrement longtemps deux des personnages les plus touchants que j’aie pu découvrir.

5pts

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[Avis] Divergent, Veronica Roth

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Titre : Divergent
Auteur : Veronica Roth
Date de parution : 2011
Katherine Tegen Books, 488 pages.

Résumé : Dans un monde où la société est divisée en cinq factions déterminées par un trait de caractère unique, Béatrice, ou Tris, va faire le choix drastique de quitter sa faction, Abnégation, pour rejoindre les Audacieux dont les valeurs sont à l’opposé de tout ce qu’elle a toujours connu. Tris va alors découvrir un nouveau monde, et s’adapter aux rivalités et aux amitiés qui sont toutes nouvelles dans sa vie.

J’ai attendu quelques jours pour rédiger mes impressions, parce que j’ai du mal à m’exprimer sur ce roman. Ce n’est pas que j’ai détesté, ni que j’ai absolument adoré, mais j’ai apprécié cette lecture, je l’ai trouvé distrayante et prenante (je l’ai quand même lu en seulement deux jours) bien que certaines choses m’aient trop dérangé pour que ce soit un vrai coup de cœur.

Tout d’abord je trouve dommage que l’initiation prenne autant de place dans le livre. C’est très intéressant et j’ai aimé les différents tests et exercices qui sont vraiment imaginatifs et révélateurs, mais étant donné que l’intrigue à l’échelle des factions se déroule sur seulement une cinquantaine de pages à la fin, je pense qu’on aurait gagné à voir moins des “Initiates”.

Ce tome est riche en action, chaque chapitre apportant son lot de sensations fortes à Tris. Le rythme est soutenu et il n’y a pas le temps de s’ennuyer, je n’ai pas pu poser le livre avant de l’avoir fini.

Les personnages sont divers et donnent plutôt envie de les suivre, mais je les ai néanmoins trouvé un peu cliché (Four…) ou pas suffisamment touchants et présents pour me tirer une véritable émotion. Aucun décès ne m’a bouleversé ou tiré des larmes comme d’autres romans peuvent le faire. Tris est bien évidemment une exception, le roman s’appelle “Divergente”, après tout. Je m’attendais à une héroïne plutôt clichée et peu originale mais j’ai vraiment apprécié son caractère, bien que certaines pulsions de violence m’ont dérangé et que je ne partage pas ses valeurs.

La romance, de même, m’a laissé de marbre. Tris m’a plutôt exaspéré à être au bord de l’évanouissement au moins contact de Four (et ce dès les premiers jours de l’initiation). Celui-ci est d’ailleurs bien trop “mystérieux, dangereux mais gentil” pour me toucher. On présente leur histoire d’amour comme presque évidente, elle m’a paru un peu “trop facile” et plate pour captiver.

En conclusion, je lirai probablement la suite un jour car j’ai passé un très bon moment avec les Audacieux (Dauntless sonne mieux, quand même) malgré quelques déceptions.

3 pts

[Avis] Fangirl, Rainbow Rowell

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Titre : Fangirl
Auteur : Rainbow Rowell
Date de parution : 2012
MacMillan Children’s Book, 480 pages.
Rainbow Rowell est également l’auteure d’Eleanor & Park et de Attachment, deux autres romans Young/New Adult à succès.

Résumé : Cath a 18 ans, elle rentre à l’université, elle est fan de la série de romans fantasy Simon Snow et également auteure de la fanfiction la plus populaire du net basée sur l’univers de Simon : Carry On, Simon. Lorsque sa soeur jumelle, Wren, décide qu’elle veut profiter de la vie estudiantine et prendre une autre colocataire que Cath, celle-ci se retrouve soudain très seule au milieu d’étrangers qu’elle n’a même pas envie de connaître.

Ce roman m’obligerait presque à parler de moi. Timide, réservée, maladroite ? Lectrice de fanfiction (passe-temps qu’on garde pour soi comme un secret) ? Cath me ressemble tellement (et c’est voulu par l’auteure), que je n’ai pas pu m’empêcher de me reconnaître à chaque page. Tout est tellement vrai et authentique dans la vie de Cath.

Je ne dirai pas que cette lecture a été un coup de cœur, une révélation ou quoi que ce soit, mais elle a été en tout cas très plaisante, touchante, et je n’ai pas pu poser le livre avant de l’avoir terminé. J’ai aimé que l’histoire ne tourne pas complètement autour de la romance, une jolie histoire d’amour qui se fait attendre dès les premiers chapitres. Les difficultés que rencontre Cath, aussi bien familiales que scolaires ou relationnelles, sonnent juste et ne permettent pas de s’ennuyer, si ce n’est à un ou deux passages que l’on peut trouver un peu long.

Je pense que l’auteure se souvient très bien de ce qu’est le “passage à l’âge adulte”, et qu’elle le décrit au mieux. L’univers de la fanfiction est bien présent, même s’il aurait pu être encore plus approfondi et prendre une place plus importante dans le quotidien de Cath. Entre chaque chapitre est glissé un extrait, soit de la série originale Simon Snow, soit d’une fanfiction de Cath. L’héroïne nous fait également la lecture d’un de ses “one-shot”, j’ai aimé cet univers clairement assimilé à Harry Potter (dommage que Levi mentionne l’œuvre de Rowling, ça casse un peu la métaphore), il est crédible et assez original bien que clairement inspiré de “notre” saga populaire. J’ai aimé que Cath défende le fandom en présentant non pas comme un simple échappatoire mais comme une véritable communauté.

La fin est un peu abrupte mais si on y réfléchit, on arrive quand même a une conclusion satisfaisante bien que rapide. J’avoue avoir quand même avoir été surprise d’arriver comme ça à la dernière page.

Je ne vais pas m’attarder sur les personnages et l’action, afin que vous ayez toute la surprise lorsque vous lirez le roman, mais je l’ai en tout cas trouvé vrai sur tous les plans, de la fanfiction à l’anxiété sociale dont souffre Cath au milieu de tous les fêtards de sa fac. Son histoire familiale et ses difficultés en cours sont également prenantes, tout cela formant un tout qui montre bien les difficultés auxquelles sont exposés tous les enfants quittant la maison familiale un jour ou l’autre.

4 pts