[Avis] Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

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Titre : The Lies of Locke Lamora
Auteur : Scott Lynchbc52ee49b40bcb4d13c55ef9c4a0940d-d5b0lmm
Date de parution : 2006
Éditions Gollancz, 537 pages.

Lies est le premier tome d’une saga qui devrait en compter sept, dont trois déjà parus. Il est suivi de Red Seas under red skies et de The Republic of Thieves.

Résumé : Dans une ville moyenâgeuse s’apparentant à Venise, Locke Lamora et sa bande de Gentlemen Bastards mènent avec succès un jeu dangereux : escroquer des sommes astronomiques aux riches de la cité grâce à d’ingénieux et complexes jeux de rôle. Alors qu’une mystérieuse menace semble planer sur tous les gangs de voleurs de Camorr, Locke, Jean, Calo, Galdo et Bug se trouvent embarqués dans une mascarade qui risque de leur coûter la vie.

“I only steal because my dear old family needs the money to live!”
Locke Lamora made this proclamation with his wine glass held high; he and the other Gentleman Bastards were seated at the old witchwood table. . . . The others began to jeer.
“Liar!” they chorused
“I only steal because this wicked world won’t let me work an honest trade!” Calo cried, hoisting his own glass.
“LIAR!”
“I only steal,” said Jean, “because I’ve temporarily fallen in with bad company.”
“LIAR!”
At last the ritual came to Bug; the boy raised his glass a bit shakily and yelled, “I only steal because it’s heaps of fucking fun!”
“BASTARD!”

Je débute mon avis par cette citation qui je trouve montre bien l’esprit du roman. J’indique aussi que ça a été un véritable coup de cœur. Ça fait plaisir d’écrire sur un livre que j’ai tant aimé !

Je me suis efforcée de bien structurer cet avis de façon à ne pas me perdre dans les éloges sans fin que j’aimerais faire des Mensonges de Locke Lamora.

Tout d’abord, je dois signaler que je m’y suis reprise à deux fois pour le lire. Je pense qu’il faut bien cinquante ou soixante pages pour rentrer dans l’histoire, et c’est ce qui m’a bloqué à ma première tentative. Pourtant, qu’est-ce que je suis contente d’avoir passé ce cap ! Le reste du roman est rythmé, l’intrigue est complexe et intelligente si bien que l’on va de surprise en surprise jusqu’aux tout derniers chapitres. J’ai dû interrompre ma lecture à plusieurs reprises pour essayer de me calmer suite à certaines révélations qui n’auguraient rien de bon pour les Gentlemen Bastards.

La structure narrative peut faire peur, car les chapitres alternent en fait entre moment présent et flashbacks, mais je dois dire que je suis impressionnée par la facilitée avec laquelle l’auteur a fait s’enchaîner les deux époques. Il n’y a pas un “Interlude” qui ne soit pas intéressant, tout à fait intégré et à sa place au milieu de l’action. Ces aperçus de la jeunesse de la bande contribuent vraiment à l’attachement que le lecteur développe pour les personnages.

A ce propos, je peux dire que je suis tombée amoureuse des cinq Gentlemen. Je ne saurais même pas dire lequel je préfère tellement ils sont complémentaires et inséparables. Scott Lynch a créé un groupe d’amis aux liens si solides et au passé si riche qu’il est difficile, à mon avis, de ne pas tomber sous le charme. De plus, l’humour n’est pas en reste et je suis tentée de copier ici une bonne dizaine de répliques qui valent vraiment le coup. Rien que les insultes et la langue vulgaire, sans l’être trop, sont assez imaginatives pour me faire rire.

Si j’avais un regret concernant les personnages, ce serait leur façon de parler. Ils sont drôles et ont un langage bien fleuri, mais il leur manque une personnalité dans leur manière de s’exprimer. J’ai eu l’impression que toutes les phrases auraient pu aller dans la bouche de n’importe quel personnage, au final. Clairement, à Camorr, “fucking” et “gods-damned” sont des expressions omniprésentes que tout le monde emploie pour avoir l’air cool.

En dehors de ça, je ne trouve pas vraiment de reproches à faire à Lies. Que dire de plus ? Il m’a fait pleurer, et j’en ressort avec des citations à la pelle que j’aimerais ne pas oublier. Je lirai clairement la suite en espérant retrouver le plaisir que j’ai eu cette semaine à suivre cette bande de voleurs intrépides.

“I don’t have to beat you. I don’t have to beat you, motherfucker. I just have to keep you here… until Jean shows up.”

5pts

[Avis] Saga A Song of Ice and Fire de George R.R. Martin

DSC01751  Titre original : A Song of Ice and Fire (A Game of Thrones, A Clash of Kings, A Storm of Swords, A Dance with Dragons).
Auteur : George R.R. Martin
Date de parution : 1996 pour le premier tome.
Éditions HarperVoyager.

J’ai décidé de faire une chronique groupée pour toute la série ASOIAF étant donné que j’ai terminé le dernier tome paru pas plus tard qu’aujourd’hui ! Après huit heures de lecture non-stop, j’ai enfin rattrapé la parution et il ne me reste plus qu’à attendre (longtemps semblerait-il) la suite.
On ne présente plus la saga du Trône de Fer, adaptée depuis 2011 en série TV par la chaîne HBO. En France, quatre intégrales sont sorties, mais le cinquième tome reste divisé en trois livres chez Pygmalion (Le Bûcher d’un Roi, Les Dragons de Meereen et Une Danse avec les Dragons). En ce qui concerne la série, la saison 3 s’est achevé début juin, et il faut attendre avril prochain pour la suite.

Article sans spoilers après le 1er tome, A Game of Thrones.

Résumé : Difficile de proposer un résumé de l’œuvre de Martin. L’histoire se situe sur les deux continents connus de l’univers : Westeros et Essos. Sur Westeros, c’est la mort subite de la Main du Roi, Jon Arryn, qui déclenche une succession d’évènement faisant tomber le royaume dans le chaos, sans oublier qu’au Nord, une menace oubliée depuis des siècles semblent se réveiller. A l’autre bout du monde, Daenerys Targaryen elle aussi a des raisons de prétendre au Trône de Fer.

Autour de ma lecture

J’ai découvert le Trône de Fer avec la série, comme beaucoup, à Noël dernier. C’est la présence de Sean Bean qui m’a convaincu d’y jeter un œil, étant donné qu’il était déjà Boromir dans Le Seigneur des Anneaux. Autant dire que je n’ai pas mis longtemps à devenir accro et à embarquer toute ma famille et mes amis dans cette folle aventure ! Peu après avoir fini la saison 1, j’ai commandé tous les tomes parus avec le but de les lire avant de commencer la saison 2, puis la troisième qui devait sortir quelques mois plus tard.
Voilà comment, pendant près de 6 mois, j’ai globalement toujours eu un tome de la saga en cours. Je dois avouer que juste maintenant, je suis contente d’y être arrivée, je commençais à faire une overdose d’intrigues politiques compliquées !

Ambiance, contexte, intrigue

Le style de George Martin est relativement simple (ce n’est pas le cas de la traduction) et concis. L’originalité réside dans le mode de narration choisi : chaque chapitre est au point de vue d’un personnage, ce qui permet de développer un grand nombre de personnages en même temps et en profondeur, et donc d’éviter d’éviter un certain manichéisme (si on déteste les Lannister au début, on change d’avis avec l’arrivée du point de vue de Jaime par exemple). Il y a aussi l’avantage de pouvoir être partout en même temps afin de suivre les évènements au Nord, à King’s Landing et du côté de Daenerys avec facilité. Si je devais émettre une petite critique au niveau des chapitres, c’est leur construction qui est globalement toujours la même. On remarque vite que la première partie du chapitre est chiante/n’apporte rien, et que c’est la fin qui bouge et termine sur un cliffhanger qui donne envie d’aller au prochain épisode du personnages. Ceci dit ce n’est pas vrai pour tous les chapitres heureusement.
Si dans le premier tome, tout est à peu près simple, arrivé au dernier, il y a bien une dizaine d’intrigues différentes qui parfois se croisent, qui s’influencent les unes entre les autres… On se rend vite compte que tout est lié, qu’il y a des personnages qui ne payaient pas de mine qui pourtant tirent les ficelles et contrôlent toute la politique du royaume. Les révélations qui parsèment les romans sont vraiment étonnantes, certaines m’ont fait lever de ma chaise !
Le monde imaginé n’est pas loin du Moyen-Âge européen, la magie et le surnaturel font partie des contes et des légendes au coin du feu, ce que j’ai vraiment apprécié, n’étant pas très attirée par tout ce qui est magiciens, licornes, fées etc… Petit à petit, l’irréel se mêle à la vie des habitants de Westeros et d’Essos, de par les dragons de Daenerys et les Marcheurs Blancs au Nord principalement.
Les différents peuples décrit ont tous leurs coutumes, leur religion, leurs traditions… La religion prend une très grande place dans la vie sociale et politique. Que ce soient les Sept, R’hllor, le Dieu Noyé ou les Anciens Dieux du Nord, ils ont un rôle à jouer. Les prophéties sont également très présentes et relues plus tard dans la saga, elles prennent tout leur sens.
J’ai tout de même parfois l’impression que les choses n’avancent pas assez vite. Sachant que les deux derniers tomes parus (A Feast for Crows et A Dance with Dragons), qui représentent quand même presque 2000 pages, peuvent être considérés comme des tomes de transition, je me demande si l’auteur n’aurait pas mieux fait de réduire les intrigues qui deviennent vraiment nombreuses.

Les personnages

C’est un des énormes points forts de cette saga. Les personnages sont nombreux, tout le monde y trouve son compte, il y a celui auquel on s’identifie, celui qu’on aimerait être, celui qu’on admire, celui qu’on déteste… Les points de vue permettent de comprendre les principaux acteurs du jeu des trônes, on fini même pas s’attacher à ceux que l’on détestait au début. Il y a toujours des chapitres/des points de vue ennuyants mais ça passe quand même.
George Martin est maintenant connu pour l’hécatombe de personnages quand on fait l’addition des morts à la fin de chaque tome, mais ça rajoute un certain réalisme et puis au moins, personne n’est à l’abri de rien. L’absence de véritable héros tout puissant est un plus, il y a même de vrais ratés qui malgré leur ambitions n’arriveront jamais au but qu’ils s’étaient fixés.

En conclusion, il n’y a plus besoin de recommander cette saga, il ne vous reste plus qu’à vous y mettre parce que c’est un régal, ça se lit vite, bien et il y a de quoi se creuser les méninges sur les intrigues politiques, les prophéties, les théories… Bonne lecture !

5pts