[Bilan + Mini-Avis] Juin 2014

Bonjour ! Après une pause du blog pour cause de bac, je me décide enfin à me remettre à écrire des articles en ce jour de veille des résultats particulièrement stressant. Ce mois-ci, si le blog a été plutôt déserté, mes lectures ont également pâti des révisions et de l’anxiété, ce qui fait que j’annonce un total de 2 romans lus (oui…) en juin. Voilà pourquoi j’ai décidé de me contenter de “mini-avis” dans ce même article.

Attaquons sans plus attendre avec La nuit des temps de René Barjavel.

la nuit des temps1971, aux éditions Pocket junior (393 pages).
Résumé : une équipe de scientifiques étudiant le Pôle Sud fait la découverte extraordinaire de ce qui semble être une ville futuriste enfouie sous la glace. Là, dans une capsule hors du temps, on retrouve un couple d’humains endormis depuis 900 000 ans.
Mon avis : j’ai passé un bon moment avec ce roman, qui contient un plot twist assez intéressant sur la fin. Cependant, avec du recul, je me rend compte que l’histoire fait tout de même plutôt vieillote (c’est de la science-fiction mais qui en 2014 est loin d’impressionner), et que tout un passage de ‘course-poursuite’ m’a paru assez répétitif. Malgré tout, le roman est bien écrit et s’est lu très vite car le mystère entourant la civilisation perdue d’Eléa m’a tout de même intrigué.

3 pts

On termine ce court article avec un policier : Pars vite et reviens tard de Fred Vargas.

vargas2001, aux éditions J’ai Lu (347 pages).
Résumé : Joss Le Guern, crieur sur une place de Paris dans les années 1990, reçoit des messages étranges qu’il lit avec méfiance. Le commissaire Adamsberg, lui, est intrigué par les 4 inversés qui fleurissent d’un bout à l’autre de la ville. Ces deux évènements plutôt distincts se révèlent l’annonce d’une catastrophe revenant d’âges oubliés.
Mon avis : autant je n’aime pas les policiers en règle générale, autant celui-ci m’a charmé. Il y a énormément de points positifs à lister, notamment les personnages qui à mon avis portent l’intrigue en elle-même surprenante (ce qu’on se doit d’attendre d’un thriller, certes). Adamsberg, le policier à la mémoire des noms déplorable, un peu excentrique mais brillant ; Le Guern, le Breton ; Decambrais, conseiller en choses de la vie… Certains aspects sont ‘clichés’ mais ces figures hautes en couleurs donnent un charme fou au roman. En bref, je n’hésiterai pas à lire d’autres aventures du commissaire Adamsberg.

5pts

C’est tout pour ce mois de juin ! Alors maintenant que je suis libre d’obligations scolaires, je ne sais plus quoi lire et j’hésite particulièrement entre deux romans que voici :

anna karenine north and south

 

Je serai ravie d’avoir des avis sur l’un et l’autre pour m’aider à faire mon choix ! Dans les deux cas, ce sont des lectures plutôt conséquentes.

 

 

A bientôt !

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[Avis] The Perks of Being a Wallflower, Stephen Chbosky

perksTitre : The Perks of Being a Wallflower / Le Monde de Charlie
Auteur : Stephen Chbosky
Date de publication : 1999
Editions Pocket Books, 230 pages.

Le film réalisé par Stephen Chbosky est sorti en 2012 sous le même titre, avec à l’affiche Logan Lerman, Emma Watson, et Ezra Miller.

Résumé : Charlie n’est pas quelqu’un de populaire, d’ailleurs, on semble soit l’ignorer, soit le descendre sans arrêt. Lorsqu’il rentre au lycée, il va cependant décider de vivre sa vie, de “participer”. Il prend alors un chemin qui l’amènera à beaucoup apprendre sur le monde et sur lui-même.

Ce roman m’a laissé un sentiment mitigé, et après l’avoir refermé j’ai eu du mal à en penser quoi que ce soit. Maintenant que j’ai vu le film également, je peux dire que oui, j’ai beaucoup aimé, et que j’ai été touchée. Bizarrement j’ai ressenti plus d’émotions en visionnant le film, ce qui ne m’arrive pas souvent, mais je pense savoir pourquoi.

Tout d’abord, le style d’écriture n’a pas marché pour moi. Dès le début j’ai su que j’allais avoir du mal avec le ton naïf/enfantin, et bien que passé les premières pages, je n’y faisais plus vraiment attention, ça a eu l’effet d’une barrière entre les sentiments des personnages et moi. Le film m’a donc renvoyé tous ces “feels” dans la tête et j’ai pleuré sur la fin, parce qu’après avoir lu les lettres de Charlie, difficile de ne pas être ému par ce qu’il a vécu.

Ce qu’il a vécu est un autre point négatif pour moi, car je trouve qu’il vit trop de choses. Ça contribue au message du roman mais l’auteur aborde quand même de près ou de loin le suicide, l’avortement, l’homosexualité/homophobie, le viol, la drogue, la violence, les problèmes mentaux, et j’en oublie probablement. Je ne dis pas que ces choses ne sont pas réelles, mais je suis passée par mes 16 ans (qui ne sont pas encore si loin) et heureusement, je n’ai pas eu le malheur de traverser tout ça. Ajoutons à ce bilan que le narrateur a de sérieux problèmes émotionnels et qu’il a visiblement du mal à juger correctement les situations qu’il rencontre, et ça devient difficile à croire. Et puis, j’ai du mal avec cette image de l’adolescence forcément bourrée d’alcool, de soirées, de drogues…

Bref, à la lecture ça m’a semblé un peu trop. Il n’empêche que l’histoire est plaisante et que l’amitié qui nait entre Charlie, Sam et Patrick m’a enchanté. Ce genre de choses n’arrivent pas dans la vraie vie (un garçon complètement à l’écart qui du jour au lendemain acquière une vie sociale de taré et des meilleurs amis pour la vie ?) et ça fait du bien de voir Charlie, qui le mérite tellement, recevoir autant de considération et d’amour.

Je me rend compte que ma critique est plutôt négative, et pourtant ce sera un 4/5 pour ce roman parce que Charlie est attachant  dans sa sincérité et son espérance, qu’il s’agit d’un de ces livres qui donne envie de lire tous ceux qui sont cités par le narrateur (je regrette de ne pas avoir fait une liste au cours de ma lecture), et que tous les personnages secondaires sont émouvants chacun à leur manière.

Un plus pour le film qui m’a fait ressentir toutes les émotions qui m’échappaient à la lecture, et que j’ai énormément aimé !

4 pts

[Bilan] Mai 2014

Un total de 8 romans lus pour le mois de mai. Cliquez sur les images pour accéder aux chroniques correspondantes

Parmi ces œuvres, on peut compter deux coups de cœur : Eleanor & Park de Rainbow Rowell,  et The Lies of Locke Lamora de Scott Lynch.

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Trois très bonnes lectures : Fangirl de Rainbow Rowell, The Hitchihiker’s Guide to the Galaxy de Douglas Adams et The Perks of Being a wallflower de Stephen Chbosky.

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Et enfin, trois lectures sympathiques, sans plus : Les Rois Maudits de Maurice Druon, Divergent de Veronica Roth, et Cronica de una muerte anunciada de Gabriel Garcia Marquez.

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Un très bon mois, donc, aucune vraie déception et beaucoup de découvertes !

[Avis] Chronique d’une mort annoncée, Gabriel García Márquez

cronica-de-una-muerte-anunciada-bolsillo-libro-image-big-pngTitre : Chronique d’une mort annoncée (en VO, Crónica de una muerte anunciada).
Auteur : Gabriel García Márquez
Date de parution : 1981
Editions Debolsillo, 135 pages.

On me pardonnera pour l’absence d’accents mais le clavier français ne permet pas de les faire dans le bon sens…

Résumé : tout le monde sait que Santiago Nasar va être assassiné. A part lui-même et sa mère, tous les villageois sont au courant. Mais alors pourquoi personne ne cherche à empêcher les assassins d’arriver à leur but ? Le narrateur, des années plus tard, revient sur les faits pour reconstituer le déroulement exact de cette tragédie.

Mon premier roman en espagnol ! Je dois dire que je suis assez contente de moi, mine de rien ce n’était pas facile. Certes, c’est presque une nouvelle tellement c’est court. Mais quand même. Ca donne un certain sentiment de satisfaction.

Racontée par un narrateur dont on sait peu de chose si ce n’est qu’il était l’ami de Santiago Nasar, l’histoire du crime est passée en revue à la façon d’une enquête journalistique, avec de nombreux témoignages recueillis “vingt ans plus tard”, des références à la trace écrite du procès, etc. Le roman est loin d’être bourré de suspense puisqu’on apprend dès le début ce qu’il s’est passé.

L’intérêt réside plutôt dans la façon qu’a eu le village entier à réagir à cet évènement, quand il aurait encore pu sauver le jeune homme mais que la plupart des habitants ont préféré attendre, d’abord prévenir le voisin, puis se convaincre que ce n’était que paroles en l’air…. jusqu’à ce que seul l’intéressé ne soit pas au courant de l’approche de sa propre fin.

J’ai bien plus apprécié la deuxième partie du roman, mais je crois que c’est parce qu’au début, il me manquait vraiment beaucoup d’éléments que je ne comprenaient pas faute de vocabulaire (et de flemme de chercher beaucoup de mots dans le dico). Sur la fin, l’espagnol ne me gênait plus tant et j’ai pu mieux apprécier l’ambiance qui règne dans le petit village alors qu’on attend stupidement de voir si oui ou non les rumeurs sont fondées avant d’agir.

J’ai beaucoup apprécié les différents points de vue des villageois, entre scepticisme, intérêt morbide, indifférence et inquiétude.

Au final, j’ai un peu de mal à émettre un avis général parce que la langue m’a quand même pas mal empêché de saisir certains détails, mais j’ai tout de même apprécié ma lecture, bien que très courte et éprouvante (un bon mal de tête à force de torturer mon cerveau sur des subjonctifs et des concordances de temps… oui, j’ai quand même essayé de transformer quelques chapitres en exercices d’espagnol).

3 pts

[Avis] Eleanor & Park, Rainbow Rowell

eleanor parkTitre : Eleanor & Park
Auteur : Rainbow Rowell
Date de parution : 2012
Éditions Orion, 336 pages.

Les droits sur Eleanor & Park ont été achetés par les studios DreamWorks qui prévoient une adaptation pour 2015.

Résumé : Eleanor est nouvelle, rousse, grosse, et s’habille avec ce qu’elle trouve. Park est l’asiat’ du coin, qui échappe tout juste aux moqueries parce qu’il existe des gens comme Eleanor. Lorsqu’ils se retrouvent voisins dans le bus scolaire, les deux adolescents se lient petit à petit autour de leur amour des comics et de la musique New Wave.

J’ai oublié de préciser que l’histoire se déroule en 1986. Ma maman avait l’âge d’Eleanor en 1986. Autant dire que l’époque à laquelle Rainbow Rowell a décidé de s’intéresser donne beaucoup de charme au roman (comme s’il avait besoin de plus de charme !). Les cassettes, les walkmans, personnellement je n’ai que très peu connu, on était déjà passé aux CDs quand j’ai eu l’âge de m’y intéresser. J’ai adoré voir à quoi ressemblait la vie des ados il y a vingt ans, et surtout me rendre compte qu’ils n’avait que le téléphone fixe ou les lettres pour communiquer ! C’est stupide mais aujourd’hui, on ne réalise plus du tout qu’il y a peu, personne n’avait de téléphone portable ou internet.

Bref, partant de ce contexte qui m’a déjà beaucoup plu, on rencontre donc Park, garçon d’origine coréenne, et Eleanor, la nouvelle au lycée dont la vie familiale est extrêmement bouleversée. Le roman m’a arraché des larmes dès le début. Vraiment, c’est assez bizarre parce que je n’avais pas encore eu le temps de m’attacher tant que ça aux personnages mais je crois que tout lycéen d’aujourd’hui pourra témoigner : les dynamiques qui se mettent en place entre les jeunes dans ce livre sont les mêmes qu’aujourd’hui. Les ados étaient les mêmes en 1986 dans le Nebraska qu’en 2014 en France. Je comprend tout à fait la situation de Park et Eleanor, et tout comme avec Fangirl de la même auteur, je ne peux pas m’empêcher de me sentir à la place des protagonistes (d’où toutes les émotions).

Face aux autres qu’ils ne comprennent pas, les deux héros vont développer des liens surprenants de sincérité, qui ne peuvent laisser personne indifférent. J’ai adoré les voir amorcer leur relation en silence jusqu’à ce qu’ils réalisent, toujours sans le dire explicitement, qu’ils sont tombés amoureux. Rainbow Rowell ne fait pas l’erreur de rendre leur histoire trop évidente et simple. Au contraire, les deux personnages ont leurs propres insécurités et agissent parfois pour les mauvaises raisons, ils sont maladroits, peu sûrs d’eux, et doivent de plus faire face à des problèmes extérieurs.

Eleanor est d’autant plus touchante qu’elle a une vie très difficile, aussi bien à la maison qu’en cours. Sa famille, pauvre et déchirée, ne lui permet même pas de se sentir en sécurité chez elle, ce qui explique ses réticences par rapport à Park. Lui ne peut de son côté pas comprendre les hésitations de la jeune fille puisque son image de l’amour est celle de ses parents, amoureux comme au premier jour et formant une famille stable et heureuse.

La fin du roman m’a un peu frustrée, ce sera mon petit point négatif, mais on peut en faire ce que l’on veut et personnellement, je sais comment je veux que tout se termine. J’ai l’impression que j’aurais pu disserter sur Eleanor & Park, mais je vais m’arrêter là avec un bonus trouvé sur le site de Rainbow Rowell :

Les musiques qui parsèment le roman sont presque toutes compilées sur son compte Spotify. Le site est gratuit depuis quelques mois donc n’hésitez pas à vous inscrire. Elle a composé plusieurs playlists, dont celle-ci : Eleanor & Park, the Sountrack, avec de super morceaux New Wave qui auraient  de quoi rappeler sa jeunesse à mon papa !

Rainbow Rowell semble avoir un don pour écrire des histoires saisissantes de justesse et celle-ci a été un coup de cœur, que j’ai même préféré à Fangirl. Eleanor et Park resteront sûrement longtemps deux des personnages les plus touchants que j’aie pu découvrir.

5pts

[Avis] La Reine étranglée, Maurice Druon

la reine étrangléeTitre : La Reine étranglée (Les Rois Maudits, tome 2)
Auteur : Maurice Druon
Date de publication : 1973
Éditions Le Livre de Poche, 256 pages.

Second tome de la fameuse série historique de Maurice Druon, Les Rois Maudits. Précédé de Le Roi de fer, suivi des Poisons de la couronne.

Résumé : Après la mort du grand Philippe Le Bel, le pouvoir doit se réorganiser autour d’un successeur loin d’être de taille pour diriger le pays. Dans l’ombre, intrigues et complots se tissent pour arranger l’élection d’un pape et l’annulation d’un mariage, tandis que de son côté, le peuple meure de faim.

Jamais je n’ai vu homme au monde ramper avec une telle hauteur.

Une courte lecture dévorée en seulement deux jours, si j’ai eu l’impression que ce tome n’était pas aussi plein d’intrigue que le premier, j’ai tout de même passé un bon moment, retrouvant avec plaisir le XIVème siècle dépeint par Maurice Druon.

On assiste, il me semble, à une sorte de transition, puisqu’il faut introduire le nouveau roi et installer la situation qui devrait donner lieu à une suite peut-être plus mouvementée dans Les Poisons de la couronne. En tout cas, cette série historique me plait de part le soucis d’exactitude qu’avait l’auteur en l’écrivant. Ça fait plaisir de savoir que l’intrigue n’est que peu romancée, et d’assister à un cours d’histoire aussi plaisant.

Dans la Reine étranglée, nous faisons donc la connaissance de Louis X dit le Hutin, fils aîné de Philippe le Bel et donc roi de France. On se rend également bien vite compte que ce personnage ne semble pas taillé pour sa fonction, sa principale préoccupation étant l’organisation de son second mariage, alors même que sa femme n’est pas morte mais en prison à la suite des évènements du Roi de Fer. Faible de caractère et coléreux, il n’hésite pas à changer d’avis selon son envie du moment, signant tout et n’importe quoi pour accélérer les procédures qui l’arrangent, et défaisant tout le travail de son père. J’ai trouvé les longs passages consacrés au roi exaspérants (de par l’attitude de Louis X), et c’est ce qui m’a un peu ennuyé pendant ma lecture car suivre un personnage irritant et stupide n’est pas forcément ce qu’il y a de plus intéressant.

En parallèle bien entendu, les autres membres puissants qui gravitent autour du roi cherchent à diriger à sa place en prenant avantage de sa détermination vacillante. Nous assistons ainsi à une bataille à mort entre Enguerrand de Marigny, proche de Philippe le Bel, et Monseigneur de Valois, oncle de Louis X, qui se joue tout en lettres secrètes et commis envoyés de-ci, de-là pour contrer les plans de l’ennemi. Comme dans le premier livre, j’ai beaucoup aimé me prendre au jeu et suivre de près les deux stratégies, tout en essayant de déterminer qui je voulais voir gagner.

Le troisième fil de l’histoire, et celui que j’ai préféré, est celui qui concerne la famille des banquiers Tolomei, avec l’oncle et le neveu Guccio. Ce jeune personnage est touchant de droiture et de sincérité, et j’ai hâte d’en lire plus sur lui, ainsi que sur la jeune fille dont il est amoureux, Marie. Quant à son oncle, bien que banquier, j’apprécie la relation qu’il entretient avec son neveu et j’ai aimé le voir avancer ses pièces de l’échiquier pour faire tourner la situation à son avantage, alors qu’il s’essaie également à diriger un peu.

En bref, la saga ne m’a pas encore déçue et j’ai hâte de me procurer le troisième tome pour en apprendre plus sur la lignée des Rois Maudits.

Celui qui a longtemps gouverné les hommes, s’efforçant d’agir pour le bien général, et qui sait les peines que cette tâche lui a coûtées, lorsqu’il s’aperçoit soudain qu’il n’a jamais été aimé ni compris, mais seulement subi, connaît une immense amertume, et se prend à s’interroger sur l’emploi qu’il a fait de sa vie.

3 pts

[Avis] Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

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Titre : The Lies of Locke Lamora
Auteur : Scott Lynchbc52ee49b40bcb4d13c55ef9c4a0940d-d5b0lmm
Date de parution : 2006
Éditions Gollancz, 537 pages.

Lies est le premier tome d’une saga qui devrait en compter sept, dont trois déjà parus. Il est suivi de Red Seas under red skies et de The Republic of Thieves.

Résumé : Dans une ville moyenâgeuse s’apparentant à Venise, Locke Lamora et sa bande de Gentlemen Bastards mènent avec succès un jeu dangereux : escroquer des sommes astronomiques aux riches de la cité grâce à d’ingénieux et complexes jeux de rôle. Alors qu’une mystérieuse menace semble planer sur tous les gangs de voleurs de Camorr, Locke, Jean, Calo, Galdo et Bug se trouvent embarqués dans une mascarade qui risque de leur coûter la vie.

“I only steal because my dear old family needs the money to live!”
Locke Lamora made this proclamation with his wine glass held high; he and the other Gentleman Bastards were seated at the old witchwood table. . . . The others began to jeer.
“Liar!” they chorused
“I only steal because this wicked world won’t let me work an honest trade!” Calo cried, hoisting his own glass.
“LIAR!”
“I only steal,” said Jean, “because I’ve temporarily fallen in with bad company.”
“LIAR!”
At last the ritual came to Bug; the boy raised his glass a bit shakily and yelled, “I only steal because it’s heaps of fucking fun!”
“BASTARD!”

Je débute mon avis par cette citation qui je trouve montre bien l’esprit du roman. J’indique aussi que ça a été un véritable coup de cœur. Ça fait plaisir d’écrire sur un livre que j’ai tant aimé !

Je me suis efforcée de bien structurer cet avis de façon à ne pas me perdre dans les éloges sans fin que j’aimerais faire des Mensonges de Locke Lamora.

Tout d’abord, je dois signaler que je m’y suis reprise à deux fois pour le lire. Je pense qu’il faut bien cinquante ou soixante pages pour rentrer dans l’histoire, et c’est ce qui m’a bloqué à ma première tentative. Pourtant, qu’est-ce que je suis contente d’avoir passé ce cap ! Le reste du roman est rythmé, l’intrigue est complexe et intelligente si bien que l’on va de surprise en surprise jusqu’aux tout derniers chapitres. J’ai dû interrompre ma lecture à plusieurs reprises pour essayer de me calmer suite à certaines révélations qui n’auguraient rien de bon pour les Gentlemen Bastards.

La structure narrative peut faire peur, car les chapitres alternent en fait entre moment présent et flashbacks, mais je dois dire que je suis impressionnée par la facilitée avec laquelle l’auteur a fait s’enchaîner les deux époques. Il n’y a pas un “Interlude” qui ne soit pas intéressant, tout à fait intégré et à sa place au milieu de l’action. Ces aperçus de la jeunesse de la bande contribuent vraiment à l’attachement que le lecteur développe pour les personnages.

A ce propos, je peux dire que je suis tombée amoureuse des cinq Gentlemen. Je ne saurais même pas dire lequel je préfère tellement ils sont complémentaires et inséparables. Scott Lynch a créé un groupe d’amis aux liens si solides et au passé si riche qu’il est difficile, à mon avis, de ne pas tomber sous le charme. De plus, l’humour n’est pas en reste et je suis tentée de copier ici une bonne dizaine de répliques qui valent vraiment le coup. Rien que les insultes et la langue vulgaire, sans l’être trop, sont assez imaginatives pour me faire rire.

Si j’avais un regret concernant les personnages, ce serait leur façon de parler. Ils sont drôles et ont un langage bien fleuri, mais il leur manque une personnalité dans leur manière de s’exprimer. J’ai eu l’impression que toutes les phrases auraient pu aller dans la bouche de n’importe quel personnage, au final. Clairement, à Camorr, “fucking” et “gods-damned” sont des expressions omniprésentes que tout le monde emploie pour avoir l’air cool.

En dehors de ça, je ne trouve pas vraiment de reproches à faire à Lies. Que dire de plus ? Il m’a fait pleurer, et j’en ressort avec des citations à la pelle que j’aimerais ne pas oublier. Je lirai clairement la suite en espérant retrouver le plaisir que j’ai eu cette semaine à suivre cette bande de voleurs intrépides.

“I don’t have to beat you. I don’t have to beat you, motherfucker. I just have to keep you here… until Jean shows up.”

5pts